Redécouverte en 1986 à l’occasion d’une exposition présentée à Los Angeles sous le titre The Spiritual in Art, Abstract Painting 1890-1985, Hilma af Klint (1862–1944) occupe aujourd’hui une place majeure dans l’histoire de l’art moderne. Son œuvre est cependant restée longtemps dans l’ombre, alors qu’elle est désormais reconnue comme une pionnière de l’abstraction. N’a-t-elle pas, en effet, développé un langage non figuratif dès les premières années du XXe siècle ? Cependant, réduire ses recherches à une simple avancée formelle serait insuffisant. L’œuvre d'Hilma af Klint, comme celle du reste de ses « frères en abstraction », Vassily Kandinski ou Piet Mondrian, s’inscrit avant tout dans une recherche sur la conscience, le spirituel et les dimensions de l’existence présentes au-delà du champ du visible. Son art ne vise pas uniquement à représenter le monde, mais à révéler des niveaux de réalité situés au-delà de la perception ordinaire.

Hilma af Klint naquit dans une famille qui accordait une grande importance aux sciences (ingénierie de marine, cartographie, mathématiques, etc.). L’intérêt d’Hilma pour les sciences s’étendit aussi à la botanique et à la biologie. Formée à l’Académie royale des Beaux-Arts de Stockholm, elle maîtrisa d’abord parfaitement la peinture naturaliste, comme en témoignent les portraits, paysages ou illustrations botaniques qu’elle peignait avec aisance, mais de façon somme toute assez conventionnelle. La période qui suivit sa formation fut pour elle l’occasion de se tourner vers une approche davantage postimpressionniste. Elle s’y consacra un temps avant de révéler, de façon très inattendue, une autre facette d’elle-même...

Cet article est réservé aux abonnés PREMIUM

Inscrivez-vous et abonnez-vous pour lire cet article et accéder à la bibliothèque complète des articles réservés aux abonnés PREMIUM.

S'inscire maintenant Vous avez déjà un compte ? Se connecter