Les enseignements sur les quatre éléments remontent à la philosophie de la Grèce antique, avant Aristote. À partir de 1906, Rudolf Steiner les a abordés à maintes reprises et de multiples façons. Dès 1923, Guenther Wachsmuth et des étudiants en science ont également travaillé le sujet. Sept publications anthroposophiques y sont consacrées et il semble que chaque génération élabore sa propre approche. C'est un thème de recherche qui permet d'approfondir la connaissance du monde et de soi.

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Série des éléments et des éthers :
Feu – chaleur <<>> Éther de chaleur ;
Air – gaz <<>> Éther de lumière ;
Eau – liquide <<>> Éther chimique (ou sonore) ;
Terre – solide <<>> Éther de vie.

À propos des éléments 

Terre – le solide   

Les objets solides conservent leur forme. Elle peut être arbitraire, comme dans un morceau d'argile, ou spécifique, comme dans un cristal. Cependant, au cours des temps géologiques, les pierres sont elles aussi métamorphosées. Où trouve-t-on intérieurement le solide ? Dans ce qui constitue nos « représentations » : on cherche en elles quelque chose de solide, de durable. Lorsqu'on se représente les substances, les liquides et même les gaz comme étant constitués de particules, c'est la conséquence du fait que nous nous représentons tout de manière solide. Cela est également vrai au sens figuré, par exemple, lorsque nous déclarons que nous avons une « image figée » d'un être humain.

Eau – le liquide

L'élément eau n'a qu'une seule forme : la goutte, la sphère. Combinée à la matière solide, elle a la capacité de prendre presque toutes les formes. Si elle le peut, elle forme une grande surface lisse, comme la surface d'une goutte, mais élargie à l'infini. L'eau entre ainsi, par la pesanteur, en relation avec la Terre entière.

L'eau claire est visible ; nous la reconnaissons à sa surface réfléchissante, comme on remarque une zone humide sur la route. « Refléter » signifie avoir une certaine relation avec l'environnement : l'eau vit dans cette relation, tandis que la plupart des substances solides n'ont presque aucun rapport avec leur environnement.

Pour cet élément, la fluidité est plus importante que la forme. C'est par la fluidité que l'eau déploie son pouvoir unificateur et formateur : dans le cours supérieur d'une rivière de montagne, nous trouvons un débit rapide, bouillonnant et varié, l'eau pauvre en nutriments emporte avec elle les matières en suspension, les débris et les roches, le paysage est façonné par l'érosion, à petite échelle et localement. À l'embouchure, en revanche, nous nous trouvons face à un large fleuve au débit lent qui s'écoule vers la mer et qui, de ce fait, s'unit à la Terre entière. Là aussi, le paysage est façonné par le dépôt de sédiments. Entre ces polarités, on retrouve les méandres rythmés de la rivière. Le cours du fleuve constitue ainsi un organisme tripartite. L'eau suit le lit du fleuve, mais le transforme aussi ; elle le façonne et est façonnée.

Qu'est-ce qui correspond à ce geste intérieurement ? Cette question nous conduit à l'« activité de la pensée » : toute pensée est mouvement. Lorsque nous voulons comprendre quelque chose, nous nous déplaçons intérieurement d'une chose à l'autre, en « tournoyant » avec notre pensée. D'une part, nous guidons activement les pensées. La pensée est créative comme l'eau qui coule et d'autre part, nous suivons des lois, comme l'eau suit le lit de la rivière. Ici aussi, on retrouve la polarité : réfléchir de manière concentrée à un problème précis ou bien élaborer une vue d'ensemble sur un sujet.

L'air – le gazeux

L'air perd toute tendance à avoir sa propre forme, il ne crée ni gouttes ni surfaces. C'est pourquoi il est impossible d'indiquer précisément la limite de l'atmosphère terrestre, l'air devient simplement de plus en plus fin, il remplit chaque espace. En outre, le gaz échappe à la perception : seuls quelques gaz sont colorés et même les odeurs disparaissent avec le temps car nous nous y « habituons ».

Nous devons beaucoup à l'air : nous pouvons respirer, ainsi que les animaux et aussi, d’une autre manière, les plantes. N'est-il pas étonnant, en observant un morceau de bois devenu charbon, que tout ce carbone vienne de l'air, absorbé par le processus primordial de la vie, la photosynthèse ? Nous pouvons parler et entendre de la musique, car l'air transmet les sons sans distorsion, ce qui n'est pas le cas sous l'eau, par exemple. Enfin, nous devons notre lumière du jour à la transparence particulière de l'air, qui produit le bleu du ciel par une turbidité qui n'est pourtant pas directement perceptible. On peut y reconnaître un geste : accueillir, laisser venir quelque chose sans se mettre en avant. Existe-t-il un geste comparable dans la vie de l'âme ? En pensant, on fait l'expérience du mouvement intérieur, de l'élément fluide, et soudain, une solution est accueillie : une « idée » ! L'idée apparaît comme quelque chose de nouveau, sans que nous sachions immédiatement ce qui l'a fait naître.

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