La perception vivante de l’architecture et les neurones miroirs

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La perception des réalités architecturales exige de l’empathie, de même qu’une architecture empathique stimule à son tour la faculté d’empathie. Ce point de vue peut être étayé grâce à la recherche sur les neurones miroirs, vulgarisée dans les années 1990. Celle-ci entre par ailleurs en résonance avec les connaissances apportées par la science de l’esprit sur le « je », entité spirituelle de l’être humain. Cette perspective pose en outre la question des options formelles qui contribuent à l’influence positive de l’architecture.


Comment naît l’expérience de l’architecture chez l’être humain

En tant qu’architecte, j’ai longtemps été préoccupée par la question de la nature et des influences de l’architecture sur l’être humain. Cette question, que je partage avec d’autres architectes, a été amplement étudiée, dans différents domaines scientifiques et avec diverses conclusions et tentatives d’explication. Aucune de ces recherches ne me semble cependant toucher le cœur de la question : en quoi l’architecture opère-t-elle en réalité sur les impressions et les expériences intérieures ? De quoi s’agit-il, en réalité, dans les impressions et l’expérience que transmet l’architecture ?

L’action physique des impressions sur les sens corporels est connue. Mais comment, pourquoi et par quelle voie ces effets, ces sensations parviennent-ils en réalité dans nos impressions vitales générales, dans la sphère du sentiment, dans la pensée et le ressenti de l’être humain ? Comment naissent en ce dernier – consciemment ou inconsciemment – les perceptions de l’atmosphère du monde bâti qui l’entoure ? Pourquoi ressentons-nous tel environnement comme porteur d’une grande capacité d’accueil et tel autre pas du tout ?

Dans les lignes suivantes, je présente un aspect de ce thème, parce qu’une réflexion consciente à ce propos me paraît, aujourd’hui précisément, extrêmement importante. Dans les civilisations antiques, les plans des constructions relevaient de la connaissance spirituelle, parce que l’on connaissait les effets profonds de l’architecture sur l’être humain. Pour nos contemporains, ces effets sont différents mais existent toujours – et avec eux la possibilité d’apporter un soutien à la vie et à l’existence humaines.

Nous avons déjà la réponse

Dans la « conférence de Bologne »1 (donnée lors du quatrième Congrès scientifique international de Bologne en 1911), Rudolf Steiner décrit quelques prérequis à la recherche fondée sur la science de l’esprit. Dans une édition séparée de 2007, parue sous le titre Das gespiegelte Ich (« Le “ je”  reflété »), se trouve une introduction d’Andreas Neider2. Celui-ci tente de jeter un pont entre la conférence prononcée il y a plus d’un siècle et notre époque, en rappelant une découverte importante dans le domaine de la recherche scientifique récente : les neurones miroirs du cerveau, découverts en 1991 par le groupe de recherche du Pr. Rizzolati, à l’Université de Parme. Depuis cette avancée, les neurones miroirs ont été abondamment étudiés, par exemple dans les domaines de la neurobiologie, de l’anthropologie, de la psychologie et de la pédagogie, mais aussi dans ceux des sciences sociales et en architecture.3 Certains livres de vulgarisation sur ce sujet sont devenus des succès de librairie.4

Mais cela ne nous mène pas encore au fond de la question, qui échappe à la seule approche scientifique conventionnelle. Nous avons besoin, en complément, du mode d’observation de la science de l’esprit, c’est-à-dire d’une vision spirituelle de l’être humain. Dans la conférence précédemment citée, Steiner dit que l’âme humaine, porteuse du « je », ne se trouve pas du tout dans le corps humain,5 mais dans les perceptions de l’environnement. L’âme et le « je » se servent du corps humain comme d’un miroir afin que l’homme puisse prendre conscience de lui-même et de ses perceptions. Selon Steiner, l’ensemble du corps humain fonctionne comme miroir pour l’âme et le « je », mais ceci vaut particulièrement pour le cerveau et le système nerveux. Dans le monde physique, pour être active sur la terre, l’individualité spirituelle a besoin du corps humain physique vivant, avec ses sens et son cerveau, c’est son « outil de travail », le miroir de ses perceptions.

La perspective classique affirme que la conscience ne peut pas se dépasser elle-même et reste donc éternellement coupée du monde. Le « je », en tant qu’entité spirituelle, peut toutefois franchir ce fossé, car il vit dans les différentes impressions sensorielles, observations et activités provenant de l’environnement. Et par le réfléchissement (à l’aide des neurones miroirs), l’être humain prend conscience du monde qui l’entoure. Le « je » entre ainsi en relation avec le monde et avec son corps physique. Celui-ci, au même titre que le monde physique environnant, fait partie du monde qui entoure le « je ». Le « je » perçoit donc les activités du corps physique et reçoit de celui-ci des impressions sensorielles, exactement comme le « je » perçoit le monde en dehors de l’être humain.

Les neurones miroirs découverts dans le cerveau au début des années 1990 ne sont par suite que la base biologique par laquelle l’homme reflète un savoir individualisé et spécifique relatif au monde environnant et aux autres personnes. Ce savoir concerne aussi bien la vie, les actes et les sentiments que l’activité pensante.

Il était déjà clair pour Rudolf Steiner que la science à l’avenir se heurterait à cette zone frontière, mais depuis la direction opposée. Cependant, pour obtenir une image complète de la relation qui unit l’homme au monde, il nous faut les deux perspectives : celle de la science de la nature et celle de la science de l’esprit.

Les neurones miroirs et le fondement biologique de l’empathie

Neider décrit aussi comment le groupe de recherche découvrit « par hasard » les neurones miroirs en explorant la motricité de certains singes, au moyen de tomographie assistée par ordinateur. Les chercheurs avaient localisé dans le cerveau du singe des neurones qui s’activaient quand le singe voulait saisir une cacahuète sur la table. Alors que les chercheurs mangeaient ensuite des cacahuètes pendant leur pause de midi, l’un d’eux jeta incidemment un regard sur l’écran de l’ordinateur. Il s’aperçut alors que dans le cerveau du singe, qui regardait seulement les chercheurs manger leurs cacahuètes, s’activaient les mêmes neurones qui s’étaient aussi activés pendant que lui-même épluchait ses cacahuètes. Cela suscita l’intérêt des chercheurs et ils trouvèrent dans le cerveau du singe les neurones qui reflètent les activités extérieures. C’est pourquoi ils appelèrent ces derniers « neurones miroirs ».

Au cours de recherches ultérieures, on trouva encore de nombreuses autres zones du cerveau humain qui reflètent des actions extérieures encore plus spécialisées. Ces zones ne jouent pas seulement le rôle de simulateurs pour les actes moteurs qui se déroulent en dehors de la personne, mais aussi pour les émotions et les pensées d’autres êtres humains. Chez les jeunes enfants, cela conduit directement à des actes par imitation, chez les adultes cela ne se fait plus directement mais concerne davantage les domaines de la vie des sentiments et du penser et entraîne un mouvement intérieur. Par exemple, quand une personne voit la douleur d’une autre personne, elle ressent en elle-même une douleur similaire. Les succès de librairie que nous avons évoqués donnent de nombreux exemples de ces reflets de sentiments, exemples tirés de la vie quotidienne. L’homme possède donc, par la fonction de ces neurones miroirs, une base biologique, physique pour l’empathie.

Si nous avons à l’esprit la manière dont l’image spirituelle de l’être humain bouleverse l’actuelle image matérialiste de celui-ci, nous pouvons penser que le corps humain est la résultante pleine de sagesse d’une longue évolution individualisée de l’archétype de l’être humain, évolution dont firent partie dès l’origine la compassion, l’empathie, des facultés spirituelles et affectives. Cette capacité à partager l’expérience d’autrui, cette faculté d’empathie également appelée intelligence sociale, contredit en même temps l’image du monde darwinienne de la « lutte pour l’existence ».

Dans l’image du monde contemporaine, sujet connaissant et objet connu sont séparés ; le sujet (le « je » posé en dehors de l’être humain) ne peut pas se dépasser lui-même et ne peut établir aucune relation réelle avec l’objet (avec le monde extérieur). L’idée d’un « je » vivant dans les perceptions du monde extérieur, pour lequel les neurones miroirs jouent le rôle de réflecteur biologique, amenant ces perceptions à notre conscience, implique une image du monde moniste. Si le sujet n’a plus besoin d’outrepasser ses limites pour entrer dans un domaine extérieur à sa personne, parce que cette dernière s’y trouve déjà (elle est en effet déjà dans l’objet), le dualisme est surmonté.

Architecture empathique

Qu’est-ce que ces considérations signifient pour l’architecture ? Quel est le rapport avec la perception et l’expérience de l’architecture ? Faisons une analogie : il est connu que lorsqu’une personne éprouve de l’empathie pour une autre personne, celle-ci ressent l’intérêt qui lui est porté, ressent de la chaleur, de la lumière, une interaction, du mouvement, de la sollicitude. Et il est connu qu’une telle relation entre les personnes participe à la salutogenèse, c’est-à-dire qu’elle est créatrice de santé.

Pourquoi la même chose ne serait-elle pas possible dans la réalité architecturale, dans l’environnement humain ? Quelle architecture pourrait communiquer sur un mode empathique avec des personnes appartenant à des générations différentes ? Comment l’architecture correspond-elle aux différentes activités et situations humaines ? Il s’agit (outre l’exercice de la faculté d’empathie) de faire apparaître sur un plan qualitatif, dans l’organisation de l’espace, la faculté d’entrer en empathie avec les autres personnes et avec la nature. D’une certaine manière, l’empathie est donc traduite dans le langage de l’architecture. Pour cela, le sentiment doit être éduqué en vue de devenir apte à percevoir et à saisir avec subtilité les qualités du monde et des êtres humains. Le sentiment devient ainsi un organe sensoriel qui appréhende la tonalité des formes et des couleurs, de la langue et des relations.

Pour l’architecte, lors de l’élaboration de son projet, se posent donc les questions suivantes : est-ce qu’une interaction positive et de l’empathie seront transmises aux personnes qui vivront plus tard dans ce bâtiment ? Quel langage architectural aura le pouvoir de s’adresser à ces personnes sur le mode de l’empathie ? Est-ce que cela suscitera de l’empathie également pour la nature et le bâti environnants ?

Les neurones sous l’imagerie immunohistochemique. Source : utilisateur : GerryShaw / Wikimedia Commons (CC-BY-SA-4.0).

Il y a quelques années, j’ai participé à Helsinki à la grande rencontre « Empathy in Architecture – Emotion and embodied Simulation in Design », dont l’architecte finlandais Juhani Pallasmaa, qui étudie depuis longtemps le sujet des neurones miroirs, assurait l’organisation.6 Pallasmaa avait invité comme intervenants plusieurs chercheurs du monde entier, renommés dans le domaine des neurones miroirs, œuvrant dans différentes disciplines scientifiques et artistiques, par exemple Vittorio Gallese, l’un des chercheurs du groupe du Pr. Rizzolatti. Les conférences ont largement éclairé la situation actuelle et ce qui a déjà été acquis sur la question des neurones miroirs. En ce qui concernait les points de vue et les exemples plus qualitatifs, les conférences furent cependant floues, peu claires ; il était difficile d’y trouver le rapport avec le thème proprement dit. À la fin du séminaire, les conférenciers se réunirent encore sur la scène en un plénum auquel le public avait la possibilité de participer. À la fin, une question émana du public : « Ici et maintenant, où était l’architecture empathique ? » Pallasmaa répondit que l’exploration de l’être humain n’en était pas encore arrivée si loin. C’était une sage réponse, mais qui montrait selon moi la difficulté pour la science conventionnelle de saisir le cœur et la portée véritable de la découverte des neurones miroirs.

Cette découverte inaugure également une compréhension nouvelle pour l’architecture de Rudolf Steiner. Il défendait déjà dans les années 1910 l’idée du fonctionnalisme au sens large ; un fonctionnalisme qui prend en compte la globalité de l’être humain : l’homme vivant avec ses émotions, ses besoins sociaux et spirituels. Le concept architectural de Steiner inclut aussi la faculté qu’a l’être humain de s’immerger dans l’atmosphère de son environnement et de développer une intelligence sociale. Il voulut ainsi que soient mis en œuvre une architecture organique et des principes goethéens pour les maisons qui devaient être construites autour du Goetheanum. Selon lui, l’architecture organique a pour effet de susciter harmonie et paix. Le langage vivant de ses formes peut aider les hommes à renoncer à des comportements antisociaux et à développer ensemble accords et harmonie.

Après sa naissance, l’architecture fonctionnaliste s’est élargie dans les années 1980 aux domaines de la biologie et de la psychologie. Mais sans image de l’homme spirituelle et sans recherche spirituelle sur l’essence de l’être humain, cette architecture est plus ou moins fondée sur l’arbitraire, les convenances personnelles, les sentiments, les courants de la mode, la technique et l’économie. Ces fondements-là peuvent certes, selon les dons de l’architecte, engendrer de subtiles créations architectoniques, qui ont réellement vu le jour. Mais si la recherche s’élargit vers des domaines spirituels, la recherche incluant un plan immatériel objectivera le sujet et créera ainsi des structures dans un domaine qui n’est plus seulement matériel.

Comment peut-on ressentir et vérifier que l’architecture est empathique ? J’ai entendu et aussi lu des récits de professeurs expérimentés, selon lesquels l’architecture adaptée aux enfants, l’architecture empathique (par exemple dans les écoles Waldorf) les a aidés à devenir plus mobiles, plus sociaux, a augmenté leur soif d’apprentissage et a contribué à harmoniser une classe agitée. Christian Rittelmeyer, comme d’autres chercheurs, a fait des études sur ce sujet7. Le même constat vaut pour des bâtiments destinés à l’accueil de personnes âgées, où les soignants et les résidents ont témoigné des effets salutogéniques de l’architecture empathique. Certains ont évoqué l’apparition de nombreuses idées nouvelles et d’une imagination créatrice, accompagnant la vie dans un bâtiment neuf. Ici s’ouvre un immense champ de recherches nouvelles.

Le développement de l’enfant et les neurones miroirs

Un autre point de vue est important pour l’architecture destinée aux jeunes enfants : les germes des neurones miroirs font partie dès la naissance de la réalité biologique de l’être humain ; ils sont naturels. Sous cet éclairage, des expériences ont été menées auprès de bébés et la science conventionnelle a trouvé elle aussi une base étayant l’hypothèse d’un mode de ressentir global chez le petit enfant. L’imitation générale des impressions traverse encore directement l’enfant et le modèle sur le plan du corps et sur celui de l’âme. Des échanges empathiques avec les autres personnes et l’environnement, des échanges empreints d’humanité, conformes à la nature enfantine, vivants et paisibles, entraînent le développement de neurones miroirs dans le cerveau de l’enfant en croissance et la possibilité pour d’autres neurones de ce type de se former. Les neurones miroirs déjà existants ont besoin de la « nourriture » adéquate pour se développer et se multiplier. Cela concerne l’ensemble de l’environnement perceptible par les sens. L’architecture devrait donc refléter sur l’enfant empathie, chaleur et joie. C’est également vrai pour l’enfant d’âge scolaire, mais là où la phase de développement change, le mode d’action de l’environnement change aussi. Un environnement adapté à l’enfant stimule le développement des neurones miroirs et, par la suite, celui de sa faculté d’empathie et de son intelligence sociale. Naturellement, cette propriété élargie concerne les personnes de tous âges, dans tous les domaines d’activité. L’idée que cette disposition est déjà ancrée dans le corps physique humain nous fait prendre conscience de l’ampleur salutogénique potentielle d’une architecture empathique. Celle-ci peut exercer une influence bénéfique sur la vie et réduire ainsi les charges afférentes aux soins médicaux.

Pour traduire l’empathie dans le langage de l’architecture et créer une architecture qui satisfasse ces besoins humains, il nous faut, en plus de l’empathie, des connaissances sur les besoins des différentes tranches d’âge, dans différents contextes culturels, sur les sens, sur la nature des couleurs, le langage des formes, les structures sociales, sur les ambiances créées par les intervalles, sur le caractère des matériaux, etc. Ces connaissances aident l’être humain à accéder à un ressenti empathique.


Article traduit depuis la revue mensch+architektur, 1-2021. Ouvrage bilingue allemand-anglais. Visionner et commander le numéro ici.

Auteur(s)

Maarit Holttinen, architecte née en 1947, dirige sa propre agence depuis 1974 à Tampere (FI) – en collaboration avec Aarni Holttinen jusqu’à la mort de celui-ci en 2019. Elle a conçu des bâtiments d’habitation, des écoles, des résidences pour personnes âgées et des bâtiments culturels. Elle a également publié plusieurs articles sur l’architecture et donne des conférences et des cours sur l’architecture et son histoire.

www.ark-holttinen.com

Notes de l'article

  1. Rudolf Steiner, « Les bases psychologiques et la position épistémologique de l’anthroposophie », in Philosophie et Anthroposophie (GA 35).
  2. Andreas Neider (éd.), Rudolf Steiner, Das gespiegelte Ich, Rudolf Steiner Verlag, 1e éd. 2007.
  3. Christoph Metzger, Neuroarchitektur, Berlin, 2018 ; Juhani Pallasmaa, Harry Francis Mallgrave, Michael Arbib, Architecture and Neuroscience, Tapio Wirkkala-Rut Bryk Foundation, 2013 ; Gernot Böhme, Tonino Griffero, Jean-Paul Thibaud, Juhani Pallasmaa, Architecture and Atmosphere, Tapio Wirkkala-Rut Bryk Foundation, 2014.
  4. Joachim Bauer, Pourquoi je ressens ce que tu ressens, La Communication intuitive et le Mystère des neurones miroirs, Guy Trédaniel, 2012 ; Joachim Bauer, Prinzip Menschlichkeit, Warum wir von Natur aus kooperieren, München, 7e éd. 2014 ; Joachim Bauer, Lob der Schule, Sieben Perspektiven für Schüler, Lehrer und Eltern, München, 7e éd. 2008.
  5. Le philosophe Thomas Fuchs écrit : « Précisément dans l’expérience sensible et corporelle, il n’existe à l’origine aucune opposition entre le sujet et l’objet, mais une relation de participation au monde et à la nature. La vie de l’âme – sensations, mouvements pulsionnels, sentiments, perceptions, etc. – n’est pas localisable en tant que telle quelque part dans l’espace de notre corps, ni dans le cerveau. Elle n’est pas uniquement une réalité en nous. Avec notre âme, nous sommes auprès des choses et des personnes que nous percevons. » (Leib, Raum, Person, Stuttgart, 2000, pp. 20 sq.).
  6. Elle eut lieu le 21 avril 2015 et était la 3e partie d’une série de rencontres ; les thèmes précédents avaient été Architecture and Atmosphere (2014), Architecture and Mirrorneurons (2013).
  7. Christian Rittelmeyer, Schulbauten positiv gestalten, Wie Schüler Farben und Formen erleben, Wiesbaden, 1994.
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