Être « bon » consiste à faire preuve, quand on aide, d’une sollicitude et d’une compassion véritables, sans attendre de contrepartie. L’étymologie du mot kindness remonte au vieil anglais et dérive du mot kynd, qui désigne ses proches ou les membres de sa famille. À cette époque, du milieu du Ve au XIIe siècle, la bonté consistait à traiter sa famille avec une bienveillance compatissante. Depuis, la société a évolué et le terme englobe également une vertu, celle de traiter tous les êtres humains avec une bonté de cœur universelle. Le mot kind, qui signifie « enfant » en allemand, a une racine similaire. Le petit enfant est empli d’une bonté innocente, venue tout droit du monde spirituel, mais il aspire à apprendre de ceux qui s’occupent de lui comment en faire preuve.

En tant qu’éducateurs, notre tâche consiste à créer des modèles qui montrent la voie à l’enfant. Le jeune enfant déborde d’enthousiasme et souhaite apprendre de ses enseignants comment maîtriser la vie. Être un modèle à cet égard est une responsabilité qui exige de l’engagement et de la générosité de la part des maîtres. Chacun peut se poser ici la question suivante : quelles sont mes relations avec mes collègues, mes amis et ma famille ? Est-ce que je crée des modèles que l’enfant peut suivre ? Le travail, dans le cadre de la pédagogie Steiner, se focalise sur la capacité naturelle de l’enfant à ne pas se contenter d’imiter ce que l’enseignant apporte en classe. Celui-ci a pour privilège de montrer par l’exemple ce qu’est un être humain.

Le jeune enfant perçoit avec une grande lucidité les pensées, les sentiments et les actes de ses figures d’attachement, et les imite avec une confiance inconsciente. Il n’a pas de filtre ; tout ce que les adultes autour de lui font et disent s’inscrit dans son expérience par l’imitation : il commence par percevoir quelque chose avec une attention totale, puis il le reproduit intérieurement, et enfin il suit le modèle et l’imite. Chaque être humain a un ange gardien qui l’accompagne. Quand on s’engage pour les autres et qu’on les traite avec altruisme et bonté, on imite le travail de l’ange en soi. Le petit enfant reconnaît ce geste et commence à ressentir et à imiter la manière dont on fait preuve de bonté. Personne n’est parfait et, parfois, les choses ne se passent pas comme on le souhaite. Il est important d’être indulgent envers soi-même afin de pouvoir entretenir une relation empreinte de pardon et de compassion avec soi. La source d’énergie est inépuisable lorsque l’on fait des efforts spirituels. C’est une vertu que de se relever après une chute, au milieu des difficultés et des défis, et de prendre un nouveau départ. Les enfants le ressentent chez leur enseignant et cela leur donne du courage pour leurs propres combats.

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