France, Écosse, Angleterre, Belgique, Pays-Bas, Palestine, Turquie, Grèce, Sicile, Italie, Scandinavie, Allemagne, Islande, Tchécoslovaquie, Autriche, Bulgarie, Hongrie, Serbie, Croatie... elle passait la moitié de l’année en voyage. À quelques exceptions près, ces voyages étaient destinés à découvrir de nouveaux établissements thérapeutiques créés à son initiative ou par des personnes formées dans son Institut : cabinets médicaux, cliniques anthroposophiques, foyers et centres de pédagogie curative. Ita Wegman (22 février 1876 – 04 mars 1943) y rencontrait les patients et le personnel, donnait des recommandations thérapeutiques, prodiguait des conseils sur la situation politique, apaisait les crises internes, aidait au financement, animait cours et réunions anthroposophiques dans le but de renforcer la communauté, d’intensifier le travail et de stimuler la résistance intérieure en ces temps difficiles.

Elle se rendit en Grèce en 1932, cette fois sans mission thérapeutique : retirée de Dornach après sept années difficiles au sein du Comité directeur, elle parcourut les anciens lieux des Mystères. Sur le chemin du retour en bateau vers Venise, elle écrivit : « Ce monde ancien et merveilleux a agi sur moi tel un baume apaisant et je me sens renaître, pleine de force pour poursuivre sans faiblir l’œuvre de Rudolf Steiner telle que je la porte dans mon cœur. Si vous m’aidez tous, nous parviendrons à mettre en œuvre la partie des intentions de Rudolf Steiner qui sont aussi liées à moi, à mon individualité, du moins autant que nos forces le permettent, ou autant qu’il faut en sauver pour l’avenir. En réalité, une tragédie profonde pèse sur notre action, dans cette vie comme dans la précédente, et pourtant Rudolf Steiner m’a dit un jour que cette tragédie disparaîtrait à l’avenir. […] Cependant, tout ce qui est advenu a pu se produire ! Il faudrait simplement qu'il y ait aussi des gens qui comprennent, je pense, l'action du karma !1 ».

Elle aurait aimé voyager plus souvent au-delà de l’Europe, en bateau, vers d’autres continents, mais ne put concrétiser ce projet. Selon George Adams Kaufmann, elle souhaitait se rendre aux États-Unis avec Rudolf Steiner après son rétablissement. D’après Liane Collot d’Herbois, peu avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, elle envisagea à la suite d’une invitation de fonder une clinique au Canada et de s'installer à l’ouest du continent.

Cet article est réservé aux abonnés PREMIUM

Inscrivez-vous et abonnez-vous pour lire cet article et accéder à la bibliothèque complète des articles réservés aux abonnés PREMIUM.

S'inscire maintenant Vous avez déjà un compte ? Se connecter