Le phénomène de la lumière m’intéresse moins du point de vue physique ou scientifique expérimental que de celui des phénomènes du quotidien: la flamme de la bougie, un rayon de lumière qui traverse le vitrail d’une église, l’aurore, les ombres et les reflets sur les feuilles vertes, tous ces phénomènes énigmatiques qui nous apparaissent. À cela s’ajoute une prise de conscience: la réalité n’apparaît que par et avec l’être humain, là où l’aspect sensible et l’aspect idéel se réunissent en une réalité supérieure. Cette conscience m’incite à vouloir comprendre et m’approprier le monde qui m’entoure non plus comme spectateur extérieur, mais en y incluant mon Soi, car la réalité a lieu en moi et avec moi. Cela a des répercussions essentielles pour ce que nous appelons habituellement «lumière».

Voie médiane

Nous avons perdu la lumière de vue, nous l’avons externalisée. Si je me démarque ici des approches modernes de la connaissance, ce n’est pas pour les dévaloriser, mais afin d’ouvrir un chemin permettant d’accéder à une expérience consciente de la lumière dans l’acte de voir. Il s’agit aussi de découvrir une voie médiane entre, d’un côté, une matérialisation de la lumière par son appréhension du point de vue des particules ou des ondes et, de l’autre côté, une subtilisation par une une expérience sacrée de l’au-delà. Une troisième voie peut être trouvée en cultivant la contemplation du sensible et en développant un penser libéré de toute représentation et appliqué aux phénomènes sensibles. Observation sensible et penser libéré des représentations doivent tous deux être réunis dans une conscience contemplative.

Plusieurs synonymes sont utilisés pour désigner ce processus. De tels concepts renvoient à la même chose, même s’ils poussent le regard à adopter différentes perspectives . Par exemple, des concepts comme «conception naturelle morale», «observation sensible-morale», «observation de l’âme», «vision de la Gestalt» et «conscience contemplative» sont utilisés comme synonymes dans cet essai. Ils attirent tous l’attention sur la participation de l’expérience intérieure humaine aux phénomènes sensibles, ainsi que sur le fait que par cette expérience, il est possible d’appréhender l’essence des choses. Les concepts sont seulement là pour rendre attentif à cette expérience sous-jacente essentielle.

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